Commerces de proximité en danger : le cri d’alarme de toute une profession
Une mobilisation citoyenne s’organise pour sauver des milliers de commerces de proximité, véritables lieux de vie de nos villes et villages. Face à l’insécurité grandissante et à la concurrence déloyale des réseaux illicites, c’est la survie de tout un pan de notre économie locale qui est aujourd’hui en jeu.
La Confédération nationale des buralistes de France, présidée par Serdar Kaya, a mis en ligne une pétition sur la plateforme Change.org, actuellement relayée par la page Facebook « Buralistes En Colere ». Ce manifeste, qui rassemble à ce jour 562 signataires, alerte sur la situation critique d’une filière sous tensions et menacée de disparition.
Cette pétition s’inscrit dans le prolongement de la récente mobilisation syndicale des buralistes du 7 au 11 septembre, dont le mouvement de protestation s’est achevé à Vernon dans l’Eure. Elle vise à maintenir la pression sur les pouvoirs publics pour alerter sur l’agonie de la profession. Les données avancées par le syndicat illustrent ce déclin : en vingt ans, 8 400 débits de tabac ont définitivement baissé le rideau, réduisant le réseau à 22 500 établissements qui constituent souvent le dernier commerce de proximité dans certains territoires.
Face à la concurrence des réseaux illégaux, les professionnels formulent deux exigences principales à l’attention du gouvernement :
- Un moratoire fiscal, à savoir le gel de la fiscalité appliquée aux produits du tabac et la suppression de l’indexation sur l’inflation des accises qui leur sont affectées.
- Un choc sécuritaire via le renforcement de la lutte contre les trafics de tabac et les marchés parallèles, qui fragilisent le commerce légal et créent un climat d’insécurité pour les citoyens.
Pour justifier ces demandes, la Confédération dénonce les effets pervers de la fiscalité comportementale. Le texte souligne que malgré une augmentation des prix de près de 100 % entre 2017 et 2023, la prévalence tabagique n’a baissé que d’un point (de 32 % à 31 %).
En parallèle, le marché noir a explosé, captant entre 17 % et 45 % de la consommation selon les départements. Les buralistes rappellent que cette explosion des trafics s’opère également au détriment des finances publiques, générant un manque à gagner estimé à plus de 5 milliards d’euros pour l’État en 2025. L’organisation syndicale appelle donc à repenser la politique de santé publique de manière à ne plus alimenter mécaniquement le marché clandestin.













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